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Leur avis


Sommaire
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Observeur du design 09


Hervé Novelli,
secrétaire d’État chargé du commerce, de l’artisanat, des PME, du Tourisme et des services
Luc Chatel,
Secrétaire d'état chargé de l'industrie et de la consommation, porte parole du gouvernement
Préface du catalogue de l'Observeur du design 09

Dix ans après sa première édition en 1999, l’Observeur du design est devenu un événement de référence dans le domaine du design et de l’innovation qui prend légitimement place au sein de la Cité des Sciences et de l’Industrie. L’Observeur est reconnu en France du fait de l’importance et de la variété des participations au concours. Il s’est aussi imposé au plan international grâce à l’itinérance de l’exposition des réalisations qui ont été primées par un jury international de personnalités éminentes ou qui ont été distinguées par leur participation à la sélection.

Par son retentissement, cette manifestation annuelle constitue, pour la création industrielle française, un label de qualité et une vitrine. Elle permet aux entreprises et aux designers de mieux se faire connaître des distributeurs et des prescripteurs français et étrangers. Elle est un lieu fédérateur où convergent designers, entreprises, institutions et média. Les enquêtes de satisfaction montrent que la participation des designers indépendants et des agences est motivée par l’espoir d’une récompense et d’une exposition médiatique. Les entreprises sont quant à elles sensibles à la communication vers le grand public et les consommateurs.

Cette année, près de 200 réalisations ont été sélectionnées. Elles sont représentatives de la création industrielle française et de l’ingéniosité des designers. La sélection pour l’Observeur 2009 consacre des produits d’entreprises traditionnelles, artisanales ou PME, mais aussi de groupes industriels et des grandes marques toujours à l’affût de nouveautés pour répondre à la demande des consommateurs ou susciter l’émergence de nouveaux marchés. Des produits innovants sont présentés dans des domaines porteurs pour l’avenir comme l’environnement urbain et les transports, les biens d’équipement et les biens d’usage, mais aussi la santé et le médical.

Nous nous réjouissons que, pour cette dixième édition, qui coïncide avec la Présidence française de l’Union européenne, l’APCI poursuive l’ouverture de l’Observeur sur l’Europe en invitant les produits récompensés dans dix pays européens. Le succès de l’opération est grandissant d’une année sur l’autre comme l’attestent la fréquentation de l’exposition, la couverture médiatique et la participation internationale de designers, agences, entreprises ainsi que des collectivités qui participent à la sélection.



Yann BARBAUX
Directeur Exécutif EADS Innovation Works - Président du jury de l'Observeur
Éditorial du catalogue des étoiles de l'Observeur du design 09

Chaque décennie semble apporter sa nouvelle facette de la compréhension du design et les années 2000 qui s’achèvent préfigurent déjà celle des années 2010.
Entre les initiatives révolutionnaires du Bauhaus dans les années 30, l’irruption de la modernité en France évoquée avec humour dans les années 50 par Tati dans Mon oncle et les créations post modernes érigées en système par Charles Jencks, que de différences !
Après les cycles du fonctionnel, du structural, du dévoilement et du lifestyle, pour en citer quelques uns,  qu’est-ce qui s’annonce aujourd’hui ?
Je crois que c’est la redéfinition du design qui marquera d’abord : le design, c’était jusqu’ici l’agencement des objets par la combinaison interactive d’un repérage du marché, de l’identification de l’utilité, de la vision de la fonctionnalité, de l’application de la technologie et du marquage du style.
Suivant les cas, l’accent se déplaçait vers certains aspects : dans l’automobile, le luxe, l’ameublement, la machine-outil, l’informatique, il y avait bien des différences de hiérarchisation et de contraintes. Le parti pris du fashionable, de l’ergonomique, de l’efficacité, de l’originalité, prenaient le pas selon les situations.
Mais l’unicité de la démarche créative restait affichée : on croyait reconnaître le même geste souverain dans la création par un même bureau de design d’un nouveau modèle automobile, d’une rame de train à grande vitesse, d’un cockpit d’avion, de mobilier de jardin, d’une gamme d’ ordinateur portable ou d’un flacon de parfum.

L’éclatement des marketings situationnels et le renforcement de la segmentation des groupes sociaux (« néo-tribalisme ») qui l’accompagne ont sans doute provoqué un approfondissement de la notion même de design, que le nouveau modèle d’économie durable qui se met en place renforce puissamment.

Aujourd’hui, une révolution est en cours : désormais, le sens anglo-saxon du design (design office, bureau d’études) rejoint le sens donné par les cultures des pays de tradition latine (agencement). Le design, ce n’est déjà plus  seulement le travail de la forme sur un contenu technique prédéterminé, aussi important soit-il.

Il ne s’agit plus seulement d’objectiver ou de conceptualiser : il faut remonter en amont vers l’environnement de l’objet, vers  l’immatériel pour s’appliquer au pointage d’innovations durables capables de répondre autant aux besoins sociaux, aux désirs individuels et à la demande des marchés. On voit remettre en cause la multiplication des artefacts ponctuels destinés au zapping d’une consommation existentielle (consommer pour être), que sont souvent les objets depuis les Trente Glorieuses.

A présent, la combinaison du modèle de sustainability avec celui de l’économie de la productivité à l’échelle mondiale incite les créateurs de même que les chercheurs à se mettre en quête de quelque chose de plus fondamental. C’est ainsi qu’on voit le design, dans cette compréhension du terme, appliqué à l’énergie durable. Ce n’est pas tout.
Nous savons que nous sommes confrontés, dans la mondialisation du marché unique, à la connexion de toutes les énergies, de toutes les ressources et de toutes les contraintes. Il s’en suit une rupture dans nos façons d’innover : la technosphère communique directement avec l’écosphère, elle-même n’étant plus séparée de la sociosphère. Il n’y a plus le temps de la recherche fondamentale, qui serait différent du temps de la recherche appliquée, lui-même à son tour différent du temps de la conceptualisation des bureaux d’études qui intégrerait in fine le design. Désormais, la chaîne est inversée : c’est l’innovation qui normalise. Bien sûr, l’émergence d’un monde unifié de l’innovation permanente favorise la copie et la contrefaçon – surtout quand le niveau de technologies est facilement accessible – mais, peu importe, la meilleure protection de l’innovation devient la capacité de passer à l’innovation suivante.

Prenons un exemple : les industries du Transport –et en particulier de l’aéronautique - ne vont plus se contenter de préparer de nouveaux modèles de véhicules de plus en plus attractifs ; elles se préoccupent de l’utilisation, et donc de l’acte même de mobilité, qui dépend de la prise en compte de l’environnement dans lequel le véhicule sera en mesure d’être effectivement exploité. Si cet environnement n’est pas pris en compte avec toutes ses multiples contraintes, l’objet complexe qu’est le véhicule risquerait tout simplement de n’être plus adapté au marché ! Le design consiste à architecturer cet environnement dans lequel l’objet pourra alors être modelé. En l’occurrence, les constructeurs qui dans les années 90 en étaient venus à créer et produire des véhicules selon des objectifs de performances, qui étaient devenus systèmes de systèmes, se préoccupent aujourd’hui de « designer » le cadre d’utilisation du véhicule, qui doit lui répondre en retour. Les innovations qui vont se succéder démoderont d’autant plus les « produits » précédents.

En bref, les chemins du design ouvrent de nouvelles perspectives dans lesquelles le surplus d’ambition exige et entraîne un surplus d’audace. Les innovateurs que sont les designers et les chercheurs s’y trouveront au coude à coude, la création et la recherche technologique se rejoignant dans une relation qu’elles n’avaient pas connue depuis la Renaissance.





Observeur du design 08


Hervé Novelli
Secrétaire d'État aux entreprises et au commerce extérieur
Préface du catalogue Observeur du design 08

L’Observeur du design sait reconnaître et distinguer les plus belles réalisations mais aussi les plus innovantes.

Grâce au talent et à l’organisation de l’APCI, l’Observeur du design connaît un succès grandissant. Devenu incontournable, cet événement est une manifestation fédératrice et un lieu de convergence des créateurs, des innovateurs, des designers et des entrepreneurs.

La sélection pour l’Observeur 2008 consacre des produits d’entreprises traditionnelles, voire artisanales, mais aussi de grandes marques toujours à l’affût de nouveautés pour répondre à la demande des consommateurs ou susciter l’émergence de marchés  de niche. Ce sont plus de 200 réalisations qui ont été sélectionnées et qui sont représentatives de la création industrielle étendue cette année au mobilier grâce au partenariat avec le Via.

Cependant, le design constitue encore un secteur assez mal connu et mal reconnu. Il est  souvent associé à la mode et à l’architecture d’intérieur. Pourtant,  l’histoire nous enseigne que le design est lié étroitement à la création industrielle.

Aujourd’hui, le design est indispensable à l’innovation. Le fabricant veut que la forme soit adaptée à son outil ou à son produit afin de réduire ses coûts de production ; le distributeur veut réaliser des gains de place pour stocker et transporter à moindre coût ; le responsable du marketing attend des gammes de produits étendues et variées pour couvrir tous les segments du marché ; le publicitaire souhaite que l’objet soit identifiable au premier regard ; le consommateur, quant à lui, attend du bien de consommation qu’il allie fonctionnalité et esthétique.

Le designer doit assurer la synthèse de ces aspirations : il est donc placé au centre du processus de création industrielle. Mais, le design va bien au-delà de la conception d’un produit, d’un logo ou d’un packaging ou d’une démarche stratégie marketing : il participe à la réflexion sur la stratégie de l’entreprise et de la marque.

L’étude réalisée par l’APCI montre que les entreprises placent le design en 4ème position parmi les éléments clés de la réussite de l’entreprise après la R&D, le marketing et le management. L’impact du design sur la productivité et les résultats de l’entreprise est  bien réel. Le design contribue à la création de nouveaux produits et services ou à l’amélioration de ceux existants. Ainsi il devient indiscutablement un facteur de compétitivité et de différenciation sur les marchés notamment à l’exportation.

L’Observeur 2008 sera la vitrine internationale de la création industrielle française grâce à l’itinérance de son exposition à laquelle mon ministère apporte son soutien.



Michèle Pappalardo
Présidente de l'ADEME, présidente du jury de l'Observeur 08
Préface du catalogue de l'Observeur du design 08

Le Design, un incontournable pour nous conduire vers un développement plus durable

Nous sommes aujourd’hui dans une période à la fois charnière et exaltante, caractérisée par l’accélération et la généralisation de la prise de conscience des défis environnementaux à relever : changement climatique, épuisement des ressources, réduction des déchets, impacts sanitaires de nos modes de production et de consommation,…

Documentaire d’Al Gore, Rapport de Nicolas Stern, Pacte écologique de Nicolas Hulot, Grenelle de l’Environnement, …, toutes les sphères sont progressivement sensibilisées et le degré de compréhension et de questionnement du public croît d’une manière remarquable. C’est ainsi qu’en 2007, 65% des français considèrent que la pollution est un des trois problèmes les plus importants pour notre société. Mais cette sensibilité nouvelle ne se traduit pas encore dans les actes d’achat et de consommation, à la fois par défaut d’informations sur les impacts environnementaux des produits et par manque d’attractivité des produits proposés.

Cette situation conduit immanquablement à des attentes nouvelles vis-à-vis des designers et leur assigne une plus grande responsabilité afin de permettre à notre société de s’engager résolument vers une meilleure préservation de la planète, en lui proposant des produits à la fois attractifs et plus respectueux de l’environnement. A ce titre, j’ai été tout particulièrement fière de présider le jury du Prix de l’Observeur du Design 2008, y voyant notamment l’institutionnalisation de la nécessité de déployer des démarches de design intégrant les préoccupations de la société en matière de développement durable.

Face à cette nouvelle exigence, l’univers du Design n’est pas en reste, du moins pour une partie de ses acteurs. Le soutien continu de l’ADEME aux éditions successives de l’Observer m’a permis de constater, d’année en année, la diffusion de la préoccupation écologique dans tous les secteurs : tout d’abord cantonnée aux seuls domaines apparaissant en lien direct avec l’environnement (transports, mobiliers urbains, …), cette préoccupation a peu à peu gagné d’autres secteurs (équipements de loisir, produits d’aménagement intérieur, produits électriques et électroniques) pour s’élargir enfin à l’ensemble des produits et services. Certes, on ne peut encore parler de généralisation mais, dans tous les secteurs, apparaissent des pionniers qui, j’en suis sure, préfigurent une intégration plus systématique de la composante développement durable dans les créations de chacun.

Les débats animés qui ont présidé le Jury 2008 sont pour moi un signe très positif : rares aujourd’hui sont ceux qui ne se sentent pas concernés par le développement durable et chacun exprime, selon sa propre sensibilité, son avis : gageons que de ce foisonnement naîtra sous peu une vision partagée et créative, apte à nous engager vers un Design plus empreint des exigences liées au développement durable. C’est pourquoi je me réjouis d’avoir présidé cette manifestation où les créateurs de valeurs fonctionnelles, esthétiques et technologiques peuvent prétendre de surcroît réduire nos impacts négatifs sur l’environnement. Comment en effet ne pas rêver d’un monde où l’objet qui suscite l’adhésion du consommateur est également celui qui présente le moindre d’impact sur l’environnement ?

Il s’agit à présent d’accompagner le plus grand nombre pour que le processus de conception se transforme en éco-conception, c'est-à-dire une prise en compte de l’environnement dès la conception des biens et services. L’innovation est en effet au cœur du développement durable, par la création de valeur en cherchant à réduire l'utilisation de matières et d'énergie ainsi que les impacts polluants. L’objectif est que la problématique environnementale entre dans tout processus de conception comme élément de base, qu'elle fasse partie intégrante du paradigme de la conception. Source de créativité, l’éco-conception permet en outre de dynamiser la réflexion autour des objets, de mobiliser tous les acteurs de l’entreprise en faveur de l’environnement et de susciter de nouvelles collaborations. Il est donc essentiel de susciter une implication généralisée des designers.

En effet, bien qu’encore perçu à tort par certains environnementalistes comme purement esthétique ou superficiel, le Design implique une réflexion approfondie tant sur les fonctionnalités des objets, produits ou services, que sur leur intégration dans notre environnement quotidien. C’est donc en grande partie du Design que dépendra la capacité des produits et services futurs à satisfaire voire à orienter les aspirations de notre société, dans un souci d’équilibre entre préservation de nos privilèges de consommateurs et souhait d’une meilleure protection de l’environnement et d’une meilleure maîtrise de nos consommations énergétiques. A ce titre, le Design est un incontournable pour nous inscrire dans une perspective de consommation et de production plus durables…

Je ne peux donc que souhaiter longue vie à un Observeur du Design de plus en plus éco-responsable, en adéquation avec les préoccupations émergentes de notre société en matière de développement durable.





Observeur du design 06


François Loos
Ministre Délégué à l'industrie
Préface du catalogue de l'Observeur 06

Les consommateurs comme les entreprises souhaitent disposer dans tous les secteurs d’une offre de biens et services la plus différenciée possible, avec des exigences croissantes vis-à-vis des produits, que ce soit en matière de qualité, d’esthétique, de confort ou d’innovation d’usage. Dans ce contexte, la performance de notre tissu économique en matière de création industrielle et de design est un facteur de compétitivité important, susceptible de faire progresser les entreprises en chiffre d’affaires, en France comme à l’exportation, et donc de pouvoir créer de l’emploi.

Le design ou la création industrielle renvoient bien sûr à la notion d’esthétique. Mais il s’agit bien d’abord d’une approche prospective sur les produits, et donc sur les marchés. A ce titre, le design est un facteur puissant de création de valeur. Il peut orienter, voire susciter des innovations techniques et permet aux entreprises de trouver de nouveaux marchés.

Je suis attaché à ce que nos entreprises, en particulier, les PME, maîtrisent au mieux l’ensemble des facteurs clés de compétitivité qui leur permettent de vendre davantage, et donc d’embaucher. La promotion des bonnes pratiques en matière de création industrielle fait partie de cette politique.

L’Observeur du design est un élément important de la politique de promotion du design. La sélection de réussites qu’il rassemble constitue l’un des principaux outils de sensibilisation des entreprises françaises et de promotion du design français à l’étranger. Elle met en valeur les talents et les capacités de nos designers, déjà nombreux à bénéficier d’une reconnaissance internationale.

Elle met également à l’honneur l’effort d’innovation de nombre de nos entreprises de toutes tailles et de tous secteurs d’activité et valorise l’inventivité et la pluralité  de l’industrie française. Je remarque avec plaisir dans la sélection de cette année la diversité des produits sélectionnés, et la forte présence des PME. 

Mais ces succès ne doivent pas masquer les efforts encore à réaliser pour que les entreprises françaises aient un recours plus régulier et plus large au design. Je compte donc sur la valeur d’exemple de cet Observeur, et sur l’action de l’Agence pour la Promotion de la Création Industrielle, aux côtés d’autres organismes français de soutien et de valorisation du design, pour poursuivre cet effort de sensibilisation avec l’appui de mon ministère.



Pierre Vigier
Chef adjoint de l'unité Développement de la politique d'innovation à la Commission européenne.
Remise des prix de l'Observeur 06

"Le design est un atout pour la compétitivité des entreprises. C’est aussi un enjeu commun à tous les Etats membres de l’Union européenne. Ce sont les deux raisons qui m’ont valu l’honneur de présider le jury du prestigieux Prix de l’Observeur du Design 2005.

Affirmer qu’accroître l’innovation et la valeur ajoutée de la production européenne est vital pour notre compétitivité et pour le niveau de vie européen, est devenu un leitmotiv. Comme toujours, la question clef est comment passer du discours aux actes. Encourager un recours accru au design pour les entreprises comme outil de développement marketing, comme moyen de mieux répondre aux besoins des utilisateurs, mais aussi comme instrument de protection industrielle, fait partie des éléments concrets de réponse que l’Europe souhaite encourager.

En adoptant le 12 octobre 2005 la Communication « Davantage de recherche et d’innovation – Investir pour la croissance et l’emploi », la Commission européenne a adopté un plan d’action pour aider les entreprises à accroître l’intensité en créativité, inventivité et contenu technologique dans leurs produits et services. Il ne s’agit pas d’un mince enjeu.

Or, le Tableau de bord 2005 de l’innovation en Europe rappelle que l’importance du design n’est pas suffisamment reconnue par les entreprises françaises qui, par comparaison avec les autres entreprises européennes, font des efforts largement insuffisants pour apporter des modifications significatives à l’apparence esthétique de leurs produits. De plus en terme d’enregistrement communautaire de nouveaux designs, la France se situe un tiers en dessous de la moyenne de ses partenaires de l’Union européenne à 15.

Au-delà de l’enjeu européen, stimuler l’utilisation du design et son incorporation dans la stratégie d’innovation des entreprises, répond donc à un besoin particulier des entreprises françaises dans le contexte de la stratégie de Lisbonne.

Il convient de souligner que l’impact économique d’une action en ce domaine est loin d’être négligeable. C’est ainsi que le dernier rapport européen sur la compétitivité suggère que l’avance des États-Unis sur l’Europe en termes de croissance de la compétitivité n’est pas seulement une question d’innovation technologique. Une meilleure utilisation de la gestion intégrée du produit, de la marque, du service, de la perception des besoins du client, semble être déterminante pour transformer l’innovation technologique en atout compétitif durable. Le design peut permettre une meilleure perception pour les clients de la valeur d’usage d’une innovation. C’est ainsi un révélateur qui permet d’accélérer l’accès au marché d’une innovation ainsi que de situer le produit ou le service plus haut sur l’échelle de valeur. Le nombre élevé d’étoiles décernées par le Jury dans le secteur du luxe, témoigne du succès d’une telle stratégie.

Dans ce contexte, la richesse des débats au sein du Jury a témoigné combien une fois encore cette dimension économique et son interrelation avec les autres problématiques du design étaient au coeur de la réflexion. Les « étoiles » ne récompensent pas seulement un produit ou un service, mais une démarche qui a pour caractéristique essentielle d’identifier la capacité d’intégration et de synthèse.

C’est pourquoi le palmarès, loin d’être hétéroclite, peut être considéré comme une démonstration de cette capacité d’intégration du design ainsi compris, à travers les secteurs et les domaines. C’est une démonstration éclatante de la capacité à réconcilier les contraintes du merchandising et l’image festive, la protection de l’environnement et les produits de grande consommation, le luxe et la sobriété, la tradition et la modernité, la haute technicité et la facilité d’utilisation, l’esthétique et la valeur d’usage, les concepts artisanaux et les contraintes de la production industrielle, les besoins individuels et les services collectifs, les nouveaux matériaux et les contraintes de coût.

Cette année, certains secteurs restent sous représentés. Cela traduit certes le haut degré d’exigence du Jury. Malheureusement, cela confirme aussi les statistiques qui indiquent que le design est encore trop peu utilisé en France dans de nombreux domaines.

Je trouve par contraste particulièrement sympathique et signifiant que le secteur des équipements pour sportifs ou de façon plus classique de l’électronique et des logiciels soient particulièrement étoilés. C’est qu’il s’agit de domaines où la clientèle jeune, mais aussi une concurrence internationale intense impose un taux d’innovation sans cesse croissant, dont le bénéfice commercial ne peut être maximisé sans un recours quasi automatique au design par les entreprises concernées. De façon progressive, une démarche similaire s’impose progressivement dans les produits à usage professionnel et dans la conception des services, y compris de services collectifs ou d’équipement urbains. Ici également, le palmarès permet de décrypter cette tendance dans des secteurs qui seront très certainement porteurs de la création des emplois de demain pour l’économie française.

Enfin, le jury a souhaité rappeler que mieux identifier les besoins des consommateurs et y répondre à un prix accessible pour tous, faisait aussi partie des objectifs que le design aidait à atteindre. La récompense accordée à une voiture «économique », bien davantage qu’un clin d’oeil à cet égard, constitue donc un rappel bienvenu que le design peut contribuer à réconcilier société industrielle et besoins sociaux.

Je ne doute pas que les futurs Observeurs du design confirmeront ces fonctions multiples du design, atout de la compétitivité mais aussi témoin inattendu des valeurs d’une société."





Observeur du design 03


Nicole Fontaine
Ministre Déléguée à l’industrie
Remise des prix de l'Observeur 03

"L’exposition que je viens de visiter, avec infiniment de plaisir, met en valeur un thème essentiel pour l’avenir de l’industrie française, mais aussi européenne : la créativité, source de sa compétitivité. Elle s’inscrit dans l’une des missions de la Cité des Sciences et de l’Industrie qui est d’aider nos concitoyens à entrer de plain pied dans l’intelligence du monde d’aujourd’hui pour s’adapter au monde de demain.

Cette nécessité me paraît être au coeur de la démarche des designers : ils ont donc toute leur place dans une cité consacrée aux sciences et à l’Industrie.

Depuis quatre ans, cette sélection – l’Observeur du Design - est un élément déterminant pour la promotion, tant auprès des entreprises qu’auprès du grand public, qu’à l’international, du design à la française.
On trouve dans ses éditions successives, et particulièrement dans ses étoiles, des entreprises qui ont parfaitement compris que le design, facteur clef de l’identité et de la différentiation, est une fonction majeure pour leur développement, particulièrement à l’international.
Car le design traverse les frontières, et, face à une mondialisation source d’inquiétudes mais aussi d’espoir, il permet de communiquer au monde entier au-delà des clivages culturels.

Parmi ces entreprises, certaines appartiennent à des secteurs où le design est présent depuis longtemps, la mode, la décoration, le mobilier, le luxe, les sports, les transports, les loisirs.

D’autres secteurs comme le multimédia font une entrée en force. Les services et les systèmes y ont aussi leur place.

Mais ce qui me paraît plus significatif encore, c’est la présence de réalisations nouvelles telles que des alarmes professionnelles, une gamme de couteaux à enduire dont l’ergonomie a été travaillée, et des machines outils.
Cette attention portée aux objets de la vie professionnelle, dans des domaines encore peu concernés par le design et qui parfois le rejettent comme trop coûteux ou inapproprié, me semble particulièrement importante et ouvre un large champ d’action pour les designers.

La sélection qui vous est présentée met aussi l’accent sur les objets destinés aux personnes handicapées ou fragiles. Ceci est un symbole fort. Je crois important qu’aucune population ne soit exclue du design pour des raisons économiques ou sociales et que chacun puisse participer à la vie quotidienne en utilisant des objets beaux et ergonomiques, parfois ludiques comme ce fauteuil qui permet aux personnes handicapées d’aller dans l’eau, seules.

Tous ces objets réunis, sans exclusive, dans cette exposition où ils cohabitent harmonieusement, témoignent à l’évidence que le design concerne tous les temps et toutes les activités de notre vie, et contribue à leur donner sens et cohérence.

L'exposition de l'Observeur du design montre ainsi des réalisations porteuses de sens. Elle illustre les talents que recèle notre pays dans ce domaine. Enfin je note avec plaisir le nombre croissant de PMI parmi les entreprises sélectionnées.
Elles doivent servir d’exemple aux entreprises encore trop nombreuses qui n’intègrent pas encore le design dans leur démarche d’innovation. Une récente enquête réalisée par mon ministère montre en effet qu’un tiers seulement de PME ont régulièrement recours au design.

Je suis convaincu que cette sélection à la Cité des sciences et de l’industrie va également contribuer à élargir l’image du design auprès du grand public.

Je conclurais en adressant toutes mes félicitations aux équipes entreprises / designers qui contribuent à la diffusion de la création, du design et de l’innovation " à la française ". Les produits porteurs de culture, d’identité et de sens, sont des facteurs essentiels de différentiation sur des marchés globalisés, facteurs aussi de cohésion sociale."